Face à l’urgence climatique, la géomatique se positionne comme un instrument de premier plan pour comprendre, anticiper et atténuer les impacts des changements climatiques au Québec. Les technologies d’observation de la Terre offrent une fenêtre unique sur les transformations environnementales en cours.
Mesurer les changements climatiques depuis l’espace
Les satellites d’observation permettent de quantifier avec précision les indicateurs climatiques essentiels : recul des glaciers, évolution du couvert de neige, déplacement des zones de pergélisol, modifications du couvert forestier et variations du niveau des lacs et rivières. Ces données, collectées depuis des décennies, constituent une archive précieuse pour les climatologues québécois.
Le suivi du pergélisol dans le Nord québécois
Le pergélisol couvre environ 40% du territoire québécois, principalement au nord du 55e parallèle. Son dégel progressif menace les infrastructures communautaires des villages nordiques comme Kuujjuaq, Puvirnituq et Kangiqsualujjuaq. Les images satellite permettent de cartographier l’évolution de la limite du pergélisol et d’identifier les zones à risque pour les bâtiments existants.
La forêt boréale : sentinelle climatique
La forêt boréale québécoise, qui couvre 72% du territoire, joue un rôle crucial dans le bilan carbone de la province. Les images satellite permettent de calculer avec précision la biomasse forestière et d’estimer les stocks de carbone. Ces données alimentent les modèles de compensation carbone et les crédits carbone forestiers.
Cartographie des îlots de chaleur urbains
Dans les villes québécoises, la géomatique thermique permet d’identifier et de cartographier les îlots de chaleur urbains. Montréal, Québec et Sherbrooke utilisent ces données pour orienter leurs stratégies de verdissement : plantation d’arbres, toits verts et surfaces réfléchissantes aux endroits les plus critiques.
Contribution québécoise aux engagements climatiques
Les données géospatiales québécoises contribuent directement aux rapports d’inventaire des gaz à effet de serre soumis à l’UNFCCC. La précision des mesures satellite permet au Québec de démontrer l’efficacité de ses politiques climatiques avec des données objectives et internationalement reconnues.
Vers un observatoire climatique québécois
Le gouvernement du Québec et plusieurs universités travaillent à la création d’un observatoire climatique intégré qui centraliserait toutes les données géospatiales climatiques. Ce projet ambitieux permettrait un suivi en temps réel des indicateurs clés et une meilleure coordination des actions d’adaptation sur l’ensemble du territoire.