La création de zones de gestion variable (ZGV) est au cœur de l’agriculture de précision moderne. En combinant données satellite, analyses spectrales et systèmes d’épandage à débit variable, les agriculteurs québécois peuvent optimiser l’utilisation de chaque litre d’engrais, chaque kilogramme de semences et chaque application phytosanitaire.
Qu’est-ce qu’une zone de gestion variable?
Une ZGV est une subdivision d’un champ agricole en zones homogènes ayant des besoins spécifiques en intrants. Chaque zone reçoit une application d’intrants différente, optimisée selon ses caractéristiques sol-végétation détectées par satellite.
Étape 1 : Acquérir les images satellite
La première étape consiste à obtenir une série d’images PlanetScope sur plusieurs saisons de croissance pour identifier les zones à variabilité stable (qui reflètent les caractéristiques permanentes du sol plutôt que les conditions météorologiques temporaires).
Étape 2 : Calculer les indices spectraux
À partir des images satellite, on calcule plusieurs indices :
- NDVI moyen pluriannuel : indicateur de la productivité stable du sol
- Coefficient de variation du NDVI : mesure de la variabilité intra-parcellaire
- NDRE (Red Edge) : indicateur sensible aux niveaux d’azote foliaire
Étape 3 : Délimiter les zones
Une analyse de regroupement (clustering) des indices spectraux permet de délimiter automatiquement 3 à 5 zones de gestion par champ. Ces zones sont ensuite validées par échantillonnage de sol en laboratoire.
Étape 4 : Créer les cartes de prescription
Pour chaque zone, une dose d’application est calculée selon les résultats d’analyse de sol et les objectifs de rendement. La carte de prescription est ensuite téléchargée dans le système de guidage du tracteur pour l’application à taux variable.
Résultats typiques au Québec
- Réduction de 15 à 25% des coûts d’engrais
- Augmentation de 8 à 18% des rendements en zones sous-fertilisées
- Réduction de 30% des pertes de nitrates vers les cours d’eau